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Vers une nouvelle conception du traitement de l'erreur

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Définition

Dans l'apprentissage scolaire, l'erreur est forcément présente et transitoire. La diminution des erreurs est le signe d'une meilleure maîtrise du domaine de connaissances. Etant donnée l’omniprésence de l’erreur dans l’apprentissage, il est essentiel d’analyser la place qu’elle occupe dans la didactique moderne.

Jusque là, en pédagogie, l'erreur était généralement considérée de façon négative. Souvent assimilée à une "faute", cette dernière devait nécessairement être sanctionnée pour disparaître.

Le statut de l'erreur diffère selon les conceptions théoriques :

* Selon le behaviorisme, l'enseignement vise un apprentissage sans erreur. Ce dernier se réalise par exercices, répétitions et renforcement des "bonnes réponses". L'élève est progressivement guidé vers la réalisation d'un objectif (l'apprentissage programmé). L'enseignement dit inductif, qui inspire bon nombre de disciplines, illustre bien cette conception.

*Selon le constructivisme, l'apprentissage est un processus au cours duquel les connaissances nouvelles peuvent s'appuyer sur les connaissances anciennes ou les remettre en cause. L'erreur témoigne donc des difficultés que doit résoudre l'élève pour produire une connaissance nouvelle ; on évoque alors le fameux conflit cognitif que l'élève doit résoudre. La correction de l'erreur par un élève indique ainsi qu'il a surmonté ces difficultés en construisant une réponse nouvelle.

Le Cadre européen de référence (CER) se propose d'introduire le concept, somme toute assez ancien, de l' erreur, sous un nouvel angle : l’erreur dans toute sa splendeur. D’ailleurs, la valeur didactique accordée à l’erreur est représentative de notre conception de l’apprentissage. Cette conception de l’apprentissage déteint sur les modèles pédagogiques que nous utilisons.

Pour que les aspects positifs de l'erreur soient reconnus encore faut-il que le système de formation y soit sensible et la considère comme un élément fondamental du processus d'apprentissage scolaire, c'est à dire qu'il soit "tolérant à l'erreur". C’est exactement le cas du CER.

Analyse des erreurs

L'erreur est donc cette expérience d'invalidation des hypothèses ou des représentations mentales de départ. Il y a erreur parce qu'il y a un processus cognitif à l'oeuvre. Plus précisément, dans ce processus, l'erreur marque la phase de déstabilisation de la construction mentale initiale, préalable à celle de reconstruction.

-> Conséquences sur le statut de l'erreur: puisque l'erreur est révélatrice d'une authentique activité intellectuelle de l'élève (stratégie d'appropriation par élaboration progressive de schémas de représentation), elle n'est pas blâmable: elle n'est pas de la faute de l'élève, ce n'est pas une faute. Ce n'est pas l'indice d'un défaut de connaissance, mais celui de l'inadéquation des connaissances de l'élèves à rendre compte du réel. A bannir, donc, les annotations dans la marge des copies: "bien", "juste", et les autres expressions courantes à connotation morale: "mauvais" ou "bon" élève, "les devoirs à faire". Il n'existe plus que des erreurs.

Il y a en fait, deux types d'erreurs :

- des "erreurs de performance", ou erreurs "bêtes", étourderies ou "lapsus" : erreurs aléatoires, perturbation dans l'application d'une règle pourtant connue, due à la fatigue, au stress, à l'émotion occasionnés par les conditions du devoir. L'élève connaît la règle qu'il aurait dû appliquer; il est donc capable de se corriger. Ceci correspond à ce qu'on appelle couramment la faute.

- des "erreurs de compétence", révélant une activité intellectuelle de l'élève ("erreurs intelligentes") : erreurs systématiques que l'élève est incapable de corriger, mais il est capable d'expliquer la règle qu'il a appliquée. Avec ce dernier type d'écart à la réponse attendue par l'enseignant, l'erreur devient à la fois inévitable (liée à la nature du développement cognitif de l'élève) et utile (elle a son rôle dans le processus d' apprentissage, et non plus en bout de processus). Ceci correspond à ce qu'on appelle couramment l'erreur.

Exemples d'erreur

Surgénéralisation :
L'apprenant généralise les règles de fonctionnement de la langue et les applique à tort.

C'est ce qui explique qu'on entende parfois des enfants anglophones dire «I goed», ou de jeunes francophones dire «vous faisez».
Pensons aussi, en anglais, à la systématisation du 's' à la troisième personne du singulier au présent chez certains enfants, y compris pour les auxiliaires modaux: *he cans. Pensons également au contraire, à l'oubli systématique de ce même 's' chez d'autres par assimilation de la troisième personne à toutes les autres.

Interférence:
Phénomène qui consiste à appliquer à la langue cible des règles qui régissent le fonctionnement de la langue source.

Stratégies pour l'Enseignant

On apprend à lire en lisant, à parler en parlant et à écrire en écrivant.

Une telle approche présuppose un changement d'attitude face à l'erreur et une modification de nos pratiques pédagogiques. L'attention portée à la correction dépend en partie des besoins des élèves et de l'importance de l'erreur pour l'efficacité de la communication.

Les CER aborde la question de la correction de l'erreur sous un regard différent de celui qu'on lui porte traditionnellement. Il nous faut donc apprendre à analyser l'erreur pour découvrir le cheminement qu'a suivi l'élève pour en arriver à faire cette erreur, donc mettre en évidence non pas seulement la faiblesse qui a causé l'erreur, mais aussi la force qui se cache derrière : quelle règle l'élève a-t-elle tenté d'appliquer? L'étape suivante est de planifier une situation qui permettra à l'élève d'observer d'autres exemples, de faire de nouvelles hypothèses et d'affiner la règle qu'elle s'était formulée. Cette nouvelle manipulation de la langue favorise également le développement d'automatismes (qu'il s'agisse de grammaire, d'orthographe ou d'expressions idiomatiques.)

Etant donné que les erreurs ne sont pas un constat d'échec pédagogique, mais plutôt des témoins lumineux de la progression de la personne, elles sont pour l'enseignant l'occasion d'un diagnostic pédagogique permettant d'atténuer l'écart entre ce qui est à faire ou souhaité et ce qui est réellement fait.

Vers une nouvelle conception du traitement de l'erreur

Nous avons vu que le concept "de traitement de l'erreur" est assez nouveau et prend une place prépondérante.
Les experts chargés de tester les cédéroms sont très exigeants par rapport à ce critère. Il est clair que tout logiciel peut traiter l'erreur de l'enfant. Ce qui est particulièrement important est de définir la procédure selon laquelle s'effectue ce traitement de l'erreur.

Pendant très longtemps, ce traitement consistait à effacer l'erreur proposée et à faire recommencer l'élève. Après deux échecs, la solution était directement donnée, et ce dernier n'avait plus qu'à la recopier. Il va sans dire, que cette méthode, à l'heure du multimédia n'est plus satisfaisante.

Les logiciels aujourd'hui intègrent des modules sons, qui signalent à l'enfant qu'il s'est trompé : cela peut aller d'un simple "bip", à une voix "off" qui signale à l'enfant qu'il s'est trompé et qu'il peut chercher à se corriger.

Mais ne peut-on pas aller plus loin ? Aujourd'hui, ce module son a été étendu et propose une aide orale qui va guider l'enfant dans la recherche de son erreur. Parfois, une aide s'affiche à l'écran, aide que l'enfant peut lire, ou à défaut, écouter. Le traitement de l'erreur proposé aujourd'hui par les cédérom est omniprésent. Il doit permettre aux enfants en difficulté de bénéficier d'une aide (qu'elle soit orale ou écrite), aide à laquelle on pourra toujours avoir recours ou qui se signalera au terme d'un exercice pour guider l'enfant dans son travail de correction.

L'autonomie, une fois de plus dicte ce choix : l'enfant pourra de la sorte corriger sa propre production à partir de la synthèse produite par l'ordinateur. Il y aura donc une réelle communication entre l'élève et l'ordinateur, gestionnaire du parcours de l'enfant. Autonomie mais aussi confiance en soi. L'ordinateur, dans tous les cas, signale les erreurs, propose de les corriger. "Regarde bien, tu as peut-être commis une erreur ... si tu veux tu peux te corriger..", tel est souvent le message que l'on peut entendre.

Tous ces outils permettent de redonner confiance, de motiver ces élèves, grâce à leur interface conviviale. L'ordinateur, outre son aspect ludique qui est loin d'être négligeable, est un patient répétiteur, qui, aux yeux des enfants, n'a pas le même regard évaluateur (oserais-je dire sanctionneur) de l'enseignant. Cet outil ne fait pas de reproches aux enfants quand ils se trompent...tout au plus des remarques, voire des conseils qui leur permettent de recommencer cet exercice qu'ils ont ratés.

 

 

http://www.infotheque.info/cache/8137/plessner.u-strasbg.fr/dess/projet01/html/erreurex.htm

 

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