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Questions pédagogiques

Aujourd’hui, tout le monde est conscient de la dégradation et du recul de système éducatif au Maroc. Quelles en sont les causes et comment peut on y remédier?

Enfants surdoués:le diagnostic

 

Ce qu’il faut retenir :

Sur le plan intellectuel : Etre surdoué ne signifie pas être quantitativement plus intelligent mais penser dans un système qualitativement différent. Ce sont les formes spécifiques de son intelligence qui distinguent le surdoué. Etre surdoué ne signifie pas être seulement plus intelligent que les autres mais fonctionner avec un mode de pensée et une structure de raisonnement singuliers. C’est cette particularité qui rend parfois difficile son adaptation scolaire mais aussi son adaptation sociale.

Sur le plan affectif :

Etre surdoué c’est aussi et peut-être surtout, présenter des particularités dans la construction psychologique: grandir avec une hypersensibilité, une affectivité envahissante, qui marquent la personnalité. Le diagnostic de surdoué ne peut se résumer au chiffre réducteur de QI. Aider et accompagner l'enfant dans son développement c'est comprendre l'ensemble de son fonctionnement sur les plans intellectuel et affectif et resituer l'efficience intellectuelle dans une dynamique globale.

Et puis, s'il était utile d'insister, n'oublions jamais qu'un enfant surdoué est d'abord un enfant. Même si tous les enfants surdoués présentent des caractéristiques communes qu'il faut savoir repérer et distinguer pour apporter une aide adaptée, l'enfant a son histoire personnelle, il appartient à une dynamique familiale, sociale, qui est la sienne.

La démarche diagnostique :

Poser un diagnostic est une démarche clinique complexe. Elle s’appuie à la fois sur l’observation de l’enfant, sur l’analyse de la situation actuelle et passée, sur la compréhension de l’histoire familiale et de l’histoire de l’enfant.

Le bilan psychologique complète et enrichit la démarche à l’aide d’une exploration attentive du fonctionnement intellectuel et cognitif et de l’intrication avec la sphère affective de la personnalité. Il s’agit toujours de resituer l’enfant dans une perspective globale et dynamique.

Sur un plan psychométrique :

on parle de surdoué lorsqu’un QI (Quotient Intellectuel) global de 130 ou plus est obtenu sur une échelle d’efficience intellectuelle. En France, comme dans le monde, les échelles les plus utilisées sont les échelles de Wechsler. Il en existe trois versions WPPSI pour les moins de 6 ans, WISC jusqu’à 16 ans, WAIS pour les adultes. (pour plus de précisions sur ces tests vous pouvez vous reporter à la rubrique Bilan Psychologique du site). A souligner: la dernière version du WISC (WISC IV) et de la WAIS (WAIS IV) ne présente pas les mêmes profils que les versions précédentes. Son interprétation doit impérativement être approfondie et s’appuyer sur l’ensemble des indices tant cognitifs que cliniques afin d’éviter toute erreur diagnostique.

Prudence : Un QI N’EST PAS un diagnostic. C’est un indice qui oriente le diagnostic. Le score n’a pas de valeur en soi. Une donnée chiffrée ne suffit JAMAIS. Un diagnostic de surdoué ne peut être posé qu’avec l’appui des éléments cliniques et les données de bilans complémentaires. C’est un diagnostic global.

 

http://www.cogitoz.com/PI.aspx?PLinkId=28&PT=100

 

Trouver un stage

 

D’abord, juste pour vous rassurer, sachez que de nombreux étudiants-stagiaires vont achever, courant juin, leur stage obligatoire. Des places vont se libérer ! Même début juillet, il sera encore temps de trouver un stage. C’est maintenant que les entreprises vont commencer à chercher, pour les mois de juillet et août, voire septembre, de bonnes volontés avides d’apprendre pour combler les postes dévolus aux stagiaires. L’activité étant souvent ralentie au cours de la période estivale, c’est peut-être le meilleur moment pour faire un stage productif, au cours duquel votre tuteur sera disponible pour vous faire partager son savoir.
Oui, mais comment faire ?Un stage, vite fait, bien fait !

Premier bon plan : mettez vos professeurs à contribution ! N’oubliez pas qu’ils appartiennent eux-mêmes à un réseau et disposent souvent d’un carnet d’adresses assez riche, qui plus est dans la branche qui vous intéresse. Mettez en avant votre motivation, insistez en suggérant que c’est fondamental pour votre expérience, que vous serez à la hauteur. Pensez à vos collègues étudiants - d’autant plus ceux dont le cursus exige un stage obligatoire : leur recommandation, si leur stage s’est bien passé, aura une certaine valeur auprès de l’entreprise. Par ailleurs, ils pourront vous dire si le jeu en vaut la chandelle.

Certes, l’heure n’est plus aux salons étudiants-entreprises. Mais il reste des moyens valables toute l’année pour trouver un stage. Déjà, pensez au BDE (bureau des étudiants) de votre fac, qui peut être une mine d’informations et de bons plans. Sinon, il existe sûrement un service des stages sur votre campus. Vous pouvez vous y rendre et vous enquérir de conseils, contacts ou offres de stages éventuelles.
Rendez-vous aussi dans les organismes qui s’occupent de vie étudiante. LeFP Taroudant , qui dépend du ministère de la Jeunesse et des Sports, vous donnera accès à des offres de stage, et aussi  : www.optioncarrière.ma. Le CIDJ gère un réseau d’information jeunesse avec des bureaux implantés « près de chez vous ». Dans la rubrique du même nom, sur le site internet, vous trouverez d'autres adresses très utiles ! Vous pouvez d’ailleurs vous renseigner auprès des associations étudiantes de votre région...

Comme vous le savez sûrement, il existe pour chaque branche d’activité, des fédérations professionnelles qui travaillent notamment au développement économique des entreprises du secteur. Celles-ci disposent d’annuaires professionnels (des entreprises adhérentes bien sûr !).
Vous pouvez demander à les consulter au siège de la fédération qui vous intéresse ou parfois y avoir directement accès sur les sites internet. Quoi qu’il en soit, c’est une excellente source d’information et de conseil ainsi que les adresses de différentes fédérations régionales de travaux publics. Alors, quel que soit votre secteur d’exercice - bois, chimie, audiovisuel, agroalimentaire, habillement, hôtellerie, édition... - renseignez-vous ! Si vous cherchez l’annuaire de référence des entreprises, il y a un nom à retenir : le Kompass. Les entreprises y sont répertoriées par secteur d’activité, entre autres modes de recherche.
Rien ne vous empêche de consulter aussi les pages jaunes. Mais ciblez votre recherche, surtout quand le temps presse !

Tout corps de métier a ses revues spécialisées qui traitent des dernières news et avancées du secteur. Logiquement, au cours de vos études, on a dû vous informer sur celles qui vous concernent : Livres Hebdo pour les métiers du livre par exemple. Des offres de stage et d’emploi y sont toujours publiées. Mais attention, vous ne serez pas le seul petit malin à y jeter un œil ; alors dépêchez-vous de répondre et rappelez l’entreprise pour savoir où en est votre candidature, cela prouvera votre intérêt.
Enfin, pensez à la presse économique ou aux suppléments emploi des quotidiens ou hebdomadaires.
Adeptes du web, vous devez savoir que de plus en plus de sites spécialisés en offres de stage ou d’emploi fleurissent sur la toile. Pour n’en citer qu’un, celui-ci, où vous pouvez trouver des offres comme déposer votre demande !

Si vous n’avez toujours pas trouvé, il ne vous reste plus qu’à consulter directement les sites internet des grandes entreprises privées ou publiques. Elles constituent souvent un vivier d’offres de stages. Mais attention, les grands groupes sont souvent très exigeants en matière de recrutement. Une candidature dynamique à une PME, où vous expliquez CLAIREMENT que vous cherchez un stage, pourrait bien faire plus facilement mouche...
En désespoir de cause, et ce n’est peut-être pas le pire des "tuyaux" que l’on peut vous donner, faites marcher vos relations ! La famille et les amis, il n’y a que ça de vrai... Vous aurez bien le temps ensuite de trouver un stage par vos propres moyens, pour l’instant, l’urgence décide...

Liens utiles:

http://www.mchomi.com/

http://www.tanmia.ma/rubrique.php3?id_rubrique=110

http://stage.etape.ma/

Source:http://www.studyrama.com

Comment favoriser les progrès des élèves ?


Quelles sont les caractéristiques d’une bonne classe ? Quelles sont les pratiques et les attitudes qui font le mieux réussir les élèves ? En étudiant l’effet-classe et l’effet-maître, les chercheurs apportent quelques jalons sur une question toujours débattue.

La bonne classe, le bon maître, le bon professeur… À entendre les propos des élèves et des parents, qui pourrait nier qu’il existe des différences entre les enseignants, propres à plus ou moins bien faire réussir les élèves ? Il est bien normal alors que les spécialistes se soient penchés sur cette question. Un grand nombre de travaux ont porté sur l’efficacité de l’enseignement, révélant des variations importantes d’acquisitions selon la classe fréquentée. Ces travaux distinguent d’ailleurs des « effets-classe » et des « effets-maître » : tout ce qui se passe dans une classe, en effet, ne relève pas de l’enseignant. Pourtant, ils montrent aussi que l’action du maître est essentielle.

Classes efficaces, classes équitables

Chacun connaît le lien qui existe entre l’origine sociale des élèves et la réussite scolaire. L’origine sociale, mesurée par la profession des parents et leur niveau de diplôme, explique environ 15 % de la variabilité des acquis des élèves à l’école élémentaire et au collège.
Le poids de l’effet-classe est d’une ampleur à peu près similaire (1). C’est dire que, sur une année scolaire, la classe fréquentée par l’élève compte autant que la profession et le niveau de diplôme des parents. À l’évidence, il ne s’agit pas d’un poids mineur. Deux différences doivent cependant être notées. D’une part, la classe n’a qu’une durée d’une année scolaire. Tel effet-classe bénéfique une année peut être atténué, voire contrecarré, l’année suivante par la fréquentation d’une classe moins efficace. Rien de tel avec l’origine sociale, dont l’effet peut être supposé stable et cumulatif sur une durée longue. D’autre part, l’effet de l’origine sociale est un peu plus marqué pour l’apprentissage de la langue maternelle tandis que, à l’inverse, l’effet-classe est un peu plus fort pour l’apprentissage des sciences (mathématiques, physique, etc.). La raison en est que la langue maternelle se pratique dans le milieu familial tandis que les sciences sont davantage des disciplines dont l’apprentissage relève de l’école.
Mais en quoi consiste exactement l’effet-classe ? Si l’on définit l’efficacité comme la capacité à élever le niveau moyen des élèves alors, à l’évidence, les classes sont diversement efficaces. Mais les classes se révèlent aussi diversement équitables, c’est-à-dire plus ou moins égalisatrices : les écarts initiaux entre les élèves forts et les élèves faibles peuvent s’y s’accroître ou s’y réduire.
Ce caractère plus ou moins égalisateur est en partie lié aux conceptions que se font les enseignants de leur rôle et de leur métier. Certains sont portés vers un désir d’égalité, de promotion des plus faibles, tandis que d’autres sont tournés vers la sélection d’une élite. Ces différentes conceptions marquent des clivages plus marqués au fur et à mesure que l’on s’élève dans la scolarité et sont bien présentes au niveau du lycée (2).
Si les dimensions de l’efficacité et de l’équité ne se confondent pas, elles sont cependant statistiquement liées : on constate que, en moyenne, les classes efficaces sont plus fréquemment équitables. Car ce sont les élèves faibles qui sont le plus sensibles, dans leurs progrès, à la qualité de l’enseignement. Les variations des résultats des élèves forts, si elles existent bien réellement selon les classes, sont cependant moins sensibles.
Il serait cependant erroné d’attribuer l’entière responsabilité de l’efficacité et de l’équité des classes à l’enseignant. Le maître est en effet confronté à des facteurs sur lesquels il n’a pas de prise comme le niveau de départ des élèves, leur hétérogénéité, leur origine sociale, ou aussi les effectifs de la classe, le nombre d’heures allouées pour son cours, etc. Mais ces données sont loin d’épuiser l’ampleur de l’effet-classe, ce qui laisse penser que l’effet-maître en est une composante majeure. Les recherches montrent que d’une année à l’autre, il existe une corrélation entre les performances des classes enseignées par un même maître (alors que les élèves ont changé). Dans l’enseignement secondaire, où les enseignants ont plusieurs classes en charge, on relève là encore que les classes d’un même enseignant ont des performances proches. De plus, les études expérimentales qui ont introduit des modifications dans les pratiques des enseignants montrent que cela a des répercussions sur les acquisitions des élèves.
Mais comment cerner ce qui fait qu’un enseignant est plus ou moins efficace ?
Tout d’abord, il faut sortir de l’idée que cette caractéristique est attachée à la personne, que ce serait, en quelque sorte, un trait de sa personnalité. Mais il serait tout aussi vain de chercher dans une méthode spécifique la clé universelle à de meilleurs apprentissages !

Des démarches qui font la différence…

C’est dans l’interaction avec les élèves que l’expérience, le savoir-faire trouveront ou non leur potentiel ; et que certains comportements vont orienter les apprentissages des élèves et vont se révéler, in fine, plus ou moins efficaces.
L’explication des différences d’efficacité entre les enseignants est d’abord à rechercher dans les différences entre les pratiques. Prenons par exemple la manière dont est géré, selon les enseignants, le temps de la classe. Dans certaines classes élémentaires, on fait trois fois plus de mathématiques que dans d’autres classes. En français, le rapport peut être encore plus grand (3).
De même, le temps effectivement disponible pour le travail varie de manière très sensible. Dans certaines classes, le temps est optimisé : installation et mise en route rapides, peu de pertes de temps dans les changements d’activité, périodes de non-travail minimisées, etc. Ces manières bien différentes de gérer le temps scolaire ne sont pas sans lien avec les acquisitions des élèves.
Un autre exemple porte sur la démarche d’enseignement utilisée par chacun. De nombreux travaux ont montré que les élèves bénéficient d’une démarche très structurée, fortement guidée par l’enseignant, où la notion à enseigner est clairement explicitée, où l’on procède par petites étapes selon un rythme de leçon soutenu, en s’assurant à chaque nouvelle étape que les étapes précédentes sont maîtrisées, où l’on procède à des révisions régulières… Ce type de démarche n’est pas à proprement parler une « méthode ». Elle est souvent désignée sous l’appellation d’« enseignement direct » (encadré p. 40), ou « enseignement explicite ». Nombreux sont les travaux qui ont montré son efficacité dans l’enseignement des disciplines comme la lecture, les mathématiques ou les sciences, notamment pour les élèves en difficulté (4).

Une exigence forte amène un niveau plus élevé

Il a été aussi montré que les enseignants qui ont des attentes élevées vis-à-vis des acquisitions de leurs élèves obtiennent effectivement de meilleurs résultats que les autres : c’est le fameux effet Pygmalion, isolé dans les années 1960 par deux chercheurs américains (5). Mais comment cet effet d’attente se produit-il ?
D’une part, les enseignants qui ont des attentes élevées offrent un contenu plus riche, plus ambitieux aux élèves, ils s’évertuent davantage à leur faire acquérir les notions. D’autre part, les enseignants communiquent, de manière explicite ou implicite, leur degré d’attente et « persuadent » ainsi les élèves qu’ils sont capables de réussir. La psychologie sociale a bien montré le rôle bénéfique de la confiance en soi pour les élèves, qui améliore le sentiment de compétence et de contrôle sur sa propre réussite. Ces éléments sont favorables à un meilleur engagement dans les tâches scolaires, donc à de meilleurs apprentissages.
Or, tous les enseignants ne portent pas le même regard sur les élèves. Les jugements rigides ou stéréotypés sont sans doute les moins aptes à favoriser les progrès des élèves. Ces enseignants dogmatiques amplifient les différences, entre forts et faibles par exemple. Ils développent de ce fait de faibles attentes vis-à-vis de ceux qu’ils jugent faibles. Une vision rigide fait qu’ils perçoivent davantage les informations conformes à leur jugement initial, ou bien transforment les informations pour les rendre compatibles avec ce jugement. Ils s’enferrent ainsi dans une vision fixiste des élèves malgré d’éventuels signes de changements de leur part. À la longue, si les élèves ne résistent pas, ils vont finir par se voir tels qu’on les voit, se conformer à ce qui est attendu d’eux, confirmant ainsi le jugement initial (6).
À l’inverse, les enseignants efficaces font preuve d’une attitude non dogmatique, une confiance dans la capacité des élèves à progresser et aussi la croyance que les résultats ne sont pas seulement (voire pas du tout) le produit de capacités fixes, stables et générales. Cela suppose aussi une vigilance constante aux progrès réalisés par les élèves, de manière à réviser les jugements et, ainsi, ne pas enfermer les élèves dans la catégorie des bons ou des moins bons.

 

http://www.scienceshumaines.com/comment-favoriser-les-progres-des-eleves_fr_22079.html

Des écoles pas comme les autres

Les écoles pratiquant ces pédagogies alternatives utilisent des méthodes bien à elles, aux antipodes de ce que l’on peut généralement observer dans les classes de nos enfants. Parents et enseignants se tutoient, le plus souvent… Les premiers n’hésitant pas, sur invitation des seconds, à s’engager au sein de l’établissement voire même de la classe. Première pilier : les parents ne sont pas des adversaires mais des partenaires.

On notera aussi que ces pédagogies rejettent l’enseignement magistral, jugé à la fois trop frontal et trop dirigiste. L’enfant choisit librement son emploi du temps, généralement sur base d’un contrat, et s’investit dans une activité qu’il doit mener à bien. A lui d’observer, de chercher, de tester, de noter… L’enseignant reste en retrait, disposé à fournir à l’élève les informations nécessaires. A la fin, le jeune retiendra mieux les informations qu’il aura lui-même recherchées. Deuxième pilier : favoriser l’autonomie des enfants et donner du sens aux apprentissages.

Troisième fondement : l’absence de compétition dans un enseignement qui rejette les notes et les classements. Convaincus que les points « cassent » davantage d’élèves qu’ils n’en stimulent et sont, finalement, des freins au progrès, les enseignants Freinet et leurs collègues préfèrent évaluer les élèves dans la continuité – l’erreur n’est qu’une étape de l’apprentissage – en regardant leur engagement dans le travail et leurs acquis et non-acquis. L’enfant est lui-même invité à s’auto-évaluer et à poser un regard critique sur son travail et les perspectives de remédiation qui s’offrent à lui.

Ne pas mettre de notes pourrait sembler bizarre. Mais le système s’avère payant. Selon la Communauté française, dans ces écoles « alternatives », on réussit aussi bien et souvient mieux qu’ailleurs, enquêtes et épreuves externes à l’appui. Et l’on va même plus loin, la majorité de ces établissements ont banni le redoublement, au moins jusqu’en 3e ou 4e secondaire. Le mot d’ordre est clair : chaque enfant recèle sa part de potentiel. A l’enseignant de trouver, pour chaque élève, quels que soient son niveau scolaire et ses difficultés, un terrain de réussite. Bien rares sont les enfants incapables de tout. C’est pourquoi, à l’école fondamentale Decroly, par exemple, on propose aux enfants de s’initier à un grand nombre d’activités manuelles et artistiques (cuisine, théâtre, chant, dessin…). Si l’enfant peut s’épanouir en développant quelque talent dans l’une ou l’autre discipline, c’est son travail dans toutes les autres matières qui en sera affecté, étant entendu que la confiance en soi est le moteur de la réussite et que pour progresser, l’élève doit avant tout croire en ses capacités. C’est le quatrième pilier : chaque enfant est capable et les adultes (des révélateurs de potentialité) qui l’entourent doivent l’aider à en prendre conscience.

En outre, les élèves apprennent très tôt la démocratie directe et la responsabilité. Les « conseils d’enfants » hebdomadaires, où des délégués de 3 à 12 ans peuvent discuter librement et soumettre leurs idées en vue d’améliorer le bon fonctionnement de l’école, en sont un parfait exemple. Respecter l’autre, son opinion… savoir écouter, respecter ses engagements… les élèves sont vus avant tout comme des individus et non comme des sujets à qui il convient simplement de donner un apprentissage.

On notera évidemment que les enfants ayant fréquenté ces établissements durant leurs études primaires (il existe peu d’écoles secondaires offrant ce type de pédagogie) s’en sortent généralement bien en secondaire… et après. Leur capacité d’analyse et leur autonomie se révélant des atouts précieux. La revue américain Science a publié des conclusions montrant des « avantages très significatifs » chez ces écoliers :

A 6 ans, ils sont nettement meilleurs en lecture et dans les exercices mathématiques; ceux de 12 ans affichent une plus grande créativité littéraire se servant davantage de phrases plus complexes et produisant des textes plus longs.

Un accès peu démocratique

Enfin, cerise sur le gâteau, ces méthodes marchent également dans un milieu populaire. En 2001, en France, un établissement de la banlieue lilloise avait dû fermer ses portes en raison de ses mauvais résultats et de la violence qui y régnait. Une équipe d’enseignants, convertis à la pédagogie Freinet, réussirent cependant à redresser le navire et, six ans plus tard, aux évaluations standardisées de l’Education, l’école dépassait la moyenne du canton et même, pour certaines matières, la moyenne nationale. Les pédagogies alternatives seraient donc positives même face à un public issu de quartiers défavorisés.

Mais tous les parents peuvent-ils inscrire leurs enfants dans une école dite « active »? En théorie, oui bien sûr. Mais dans la pratique, on observe que ces établissements abritent surtout des familles de classes moyennes et supérieures à fort capital culturel. Ces parents ne sont pas tous aisés financièrement mais ont en commun de partager les mêmes valeurs par rapport à l’enseignement. Et si le coût des études n’est officiellement pas un obstacle, il s’avère tout de même dissuasif. Dans les écoles Montessori, situées dans des faubourgs assez chics, le minerval annuel par enfant varie de 4.000 à 10.000 euros. Ce sera moins cher dans une des quatre école Decroly en Communauté française où les parents seront invités à débourser quelque 800 euros par an. Sans surprise, les écoles les plus onéreuses appartiennent au réseau libre. Mais d’autres établissements relèvent soit de la Communauté française, soit des communes. Leur accès est donc plus démocratique. Mais quoiqu’il en soit, on y croise peu d’enfants issus de familles défavorisées.

Un modèle pour l’école de demain?

Si les théories défendues par Célestin Freinet ou Ovide Decroly ont prouvé leur efficacité depuis maintenant plus de 60 ans, elles restent pourtant fort peu appliquées dans les écoles, en dehors des quelques établissements-prototypes dont nous venons de parler. Certains y voient cependant un modèle pour l’école de demain : résultats en hausse, enfants plus heureux, incivilités moins fréquentes, violence quasi-absente…

Mais si les enseignants font souvent de la pédagogique différenciée sans même le savoir, ils ont du mal à appliquer des méthodes différentes de celles qu’ils ont eux-mêmes suivies, en général avec succès. Et puis, ces pédagogies sont moins rassurantes, le prof travaille sans filet, sans rien pouvoir anticiper. Il doit bien avoir en tête tous les concepts qui doivent être abordés et s’assurer que chaque élève participe au questionnement. Cela exige une attention peu commune.

Par ailleurs, on ne propose pas assez de formations aux méthodes alternatives. Les horaires rigides, les programmes chargés et une organisation individualiste de la profession sont autant d’obstacles à la diffusion de ces nouvelles pratiques. Et il faut aussi épingler la pression des parents qui tiennent aux repères qu’offre la pédagogie traditionnelle. Un journal de classe bien rempli, un bulletin tous les deux ou trois mois avec des chiffres clairs et définitifs, des examens, des contrôles réguliers, des devoirs à domicile… Tout cela est rassurant pour ceux qui pensent encore qu’apprendre ne peut se faire que sagement assis à son banc.

 

http://www.enseignons.be/actualites/2010/07/26/pedagogies-actives-pourquoi-marche/

Cultiver sa mémoire, tout un art !

Cerveau

 

Il existe différents outils et techniques pour augmenter sa mémoire. La palme de l’efficacité revient aux orateurs romains, dans l’Antiquité tardive, qui avaient imaginé la précieuse méthode des « loci » (lieux) pour retenir leur discours.

Peut-on améliorer sa mémoire ? Mais surtout, de quelle mémoire parle-t-on ? Il en existe plusieurs sortes. On parle ainsi de mémoire procédurale (se souvenir de comment conduire un vélo, par exemple), de mémoire autobiographique, visuo-spatiale, verbale, etc. Beaucoup de catégories, donc, mais la division la plus importante est celle qui existe entre mémoire à court terme et mémoire à long terme. La première engrange les informations liées à l’instant présent, et qui peuvent être oubliées par la suite. La seconde est la mémoire telle qu’on la décrit habituellement. C’est là que sont stockés définitivement nos souvenirs.

La mémoire de travail est un autre concept important, très proche de la mémoire à court terme, mais un peu différente : c’est l’espace dans notre cerveau réservé aux informations que nous sommes en train de manipuler. Par exemple, si vous faites un calcul mental, vous maintenez à l’esprit les chiffres que vous additionnez dans la mémoire de travail.

Exercices physiques et numériques

Quelles techniques pour perfectionner sa mémoire ? Il existe bien sûr une gamme de produits chimiques qui prétendent augmenter celle-ci ; mais comme toujours dans le cas des « smart drugs », on différencie mal ce qui est de l’ordre du placebo et de l’effet réel. Sans parler du prix et de l’interrogation qui demeure sur les effets secondaires.

Voie plus sûre, l’exercice physique (qui montre bien que notre esprit est profondément lié au corps !). En effet, il existe un lien entre santé du corps et santé du cerveau. Une étude effectuée sur des sujets de 60 à 88 ans semble établir que la connectivité entre les zones du cerveau impliquées dans la mémoire est fortement « renforcée » après 30 minutes de marche effectuées 4 jours par semaine pendant 12 semaines (1). Une autre recherche, effectuée celle-là sur des personnes de 18 à 59 ans, a établi que des exercices augmentant fortement la sensation de proprioception (autrement dit, impliquant l’équilibre : grimper, marcher sur une poutre, etc.) accroîtraient de 50 % la capacité de la mémoire de travail en environ deux heures (2) !

Et les nouvelles techniques, inspirées du jeu vidéo ? Il en existe de multiples versions, des plus commerciales, comme le Dr Kawashima de Nintendo, aux plus médicales, comme le BrainHQ de Posit science. Parmi les activités proposées, de nombreuses portent sur la mémoire de travail. Difficile malheureusement d’évaluer l’efficacité de l’exercice, d’autant plus que les populations visées (enfants, adultes, personnes âgées…) pourraient réagir différemment selon leurs besoins. Parmi ces « jeux », l’un d’entre eux a suscité beaucoup d’intérêt (et de controverses) : le dual n-back. Un carré apparaît successivement sur différentes cases d’une grille pendant qu’un son est joué. Le but du jeu est de se souvenir de l’endroit où se trouvait le carré au coup précédent et/ou si le son entendu est le même. Voilà pour la première étape, mais ensuite il faut repérer le carré et le son, deux coups plus tard, puis on passe à trois, etc.

Pour ses partisans, cet exercice ferait bien plus qu’entraîner la mémoire de travail : il favoriserait « l’intelligence fluide », autrement dit la possibilité d’appliquer ses facultés cognitives à n’importe quelle tâche. En effet, la plupart des exercices mentaux ne permettent pas de transférer les compétences acquises vers un autre domaine : si vous progressez en calcul mental, cela ne vous permet pas de vous rappeler plus facilement une liste de mots, par exemple.

Palais de mémoire

Restent les techniques plus artisanales. Et parmi celles-ci, celle qui a le vent en poupe est également la plus ancienne. Ce qu’on a appelé l’art de la mémoire est né au cours de l’Antiquité tardive. Cicéron et Quintilien ont écrit les premiers traités sur le sujet. Cette technique repose sur la méthode des loci (lieux en latin). On commence par se remémorer un lieu qu’on connaît bien (ce qu’on nomme souvent le « palais de mémoire », mais ce peut être son appartement !). Puis, par exemple pour se rappeler les phases d’un discours (c’était l’usage qu’en faisaient les orateurs de l’Antiquité), on place en imagination des symboles représentant ce dont on souhaite se souvenir. Ainsi, si vous désirez parler d’art de la mémoire en un point de votre exposé, vous pouvez imaginer, dans une pièce de votre maison, un tableau (pour l’art) représentant une madeleine (celle de Proust, pour la mémoire).

Toute l’astuce est dans la création des symboles. Si ceux-ci sont aussi difficiles à se remémorer que le sujet qu’elles évoquent, c’est raté ! C’est pourquoi les images doivent être le plus frappantes possibles, susciter l’émotion, l’intrigue, l’excitation, voire la répulsion. La méthode des loci est donc autant une méthode mnémotechnique qu’un exercice de créativité.

Officiellement, selon l’historienne Frances Yates, qui la première déterra cette pratique, l’art de la mémoire tomba en désuétude juste après la Renaissance. La raison en serait partiellement technologique (l’imprimerie rendant cette méthode en grande partie obsolète) mais aussi philosophique et religieuse : son rejet serait dû en partie à une « guerre contre les images » menée tant par le protestantisme naissant que par la Contre-Réforme catholique. Mais en réalité, cette technique a perduré et aujourd’hui, elle se retrouve pratiquée par de nombreux « athlètes mémoriels » qui se réunissent régulièrement en championnats pour comparer leurs prouesses.

Un chercheur néerlandais, Martin Dresler a testé ces champions (3). Il les a placés sous IRM pour observer comment fonctionnait leur cerveau. Il n’a pas trouvé de différence physiologique avec les cerveaux de gens « moyens » – donc, rien de génétique. En revanche, l’activité cérébrale était différente. Notamment, la connectivité entre les aires cérébrales était améliorée lorsque les « champions » étaient au repos. Lorsqu’ils effectuaient une tâche mentale, en revanche, la région de l’hippocampe était particulièrement active. Cette zone est liée à la mémoire, mais elle est également impliquée dans la navigation spatiale. En connectant directement les souvenirs aux « lieux », les adeptes de l’Antiquité avaient donc manifestement découvert quelque chose sur notre structure cérébrale !

M. Dresler a ensuite initié une cinquantaine de sujets à la méthode des loci et découvert qu’au bout de six semaines ceux-ci se montraient capables de retenir bien plus de mots dans une liste que les membres des autres groupes témoins. Et, placés sous IRM, les nouveaux adeptes de l’art montraient eux aussi une activité cérébrale accrue.

C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes, dit-on. Intéressant de voir que les neurosciences modernes valident aujourd’hui une technique tombée depuis des siècles en désuétude !

La mémoire contre la dépression

La mémoire ne joue pas seulement un rôle dans les apprentissages, mais aussi dans l’ensemble de nos comportements. On a ainsi découvert un lien entre mémoire de travail et dépression. Ceux qui disposent d’une bonne mémoire de travail auraient plus de facilité à éliminer les pensées négatives, selon une étude parue dans la revue Applied Cognitive Psychology.

Source
• « Does working memory mediate the link between dispositional optimism and depressive symptoms ? »
Tracy Alloway et John Horton, Applied Cognitive Psychology, vol. XXX, n° 6, novembre 2016.

Rémi Sussan

Journaliste spécialisé dans les nouvelles technologies, il est l’auteur, entre autres, de Optimiser son cerveau, Fyp, 2009.

 

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